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Aristide Gagnon à la Maison Hamel-Bruneau

15 avril 2016

La Maison Hamel-Bruneau ouvre sa saison avec L’harmonie des sphères, une exposition célébrant les 60 années de création d’Aristide Gagnon, pionnier du bronze au Québec.

Il a reçu le premier prix en peinture au prestigieux Concours national du Québec en 1958. Est l’auteur de plus d’une dizaine d’œuvres publiques, dont la sculpture L’adulte et le petit enfant à l’entrée du parc Durocher, dans le quartier Saint-Sauveur. A produit d’innombrables toiles et compte parmi les rares maîtres fondeurs de la province. Mais l’artiste multidisciplinaire Aristide Gagnon n’est pas du genre à se vanter de ses exploits créatifs. Humble, généreux et profondément humain, il nous reçoit sans flafla dans son magnifique atelier-fonderie.

S’il est situé dans un secteur plutôt gris du quartier Saint-Roch, l’atelier d’Aristide Gagnon est plein de soleil. Parce que les immenses fenêtres à carreaux invitent la lumière du jour à danser sur les toiles colorées et les imposantes cloches et sphères sculptées par celui que l’on désigne comme le grand-père du bronze au Québec. Mais aussi parce que l’artiste, originaire de la vallée de la Matapédia en Gaspésie, est tout sourire, visiblement heureux de nous faire visiter son univers.Vue atelier Aristide Gagnon_crédit photo Isabelle Houde

Au rez-de-chaussée se situe la fonderie, là où le sculpteur coule le bronze, matière qu’il chérit depuis 1970. «J’ai touché à différentes choses qui m’intéressaient, raconte M. Gagnon. Mais je suis un peintre d’abord. Je suis un peintre qui fait de la sculpture! J’ai fait de la sculpture pour m’amuser. Et après, j’ai pris ça au sérieux.»

Toute une vie consacrée à l’art

C’est au premier étage qu’est niché l’atelier de peinture de l’artiste, une grande pièce inondée de lumière. Sur les cloisons de briques, quelques œuvres abstraites, d’autres figuratives. Un vaste tableau occupe tout un pan de mur. Un espace de rêve pour créer, même après 60 années – Aristide Gagnon n’a jamais eu envie d’embrasser une autre carrière. «Mon père m’a dit : “T’es mieux de choisir ton métier comme il faut, de faire ce que t’aimes. Parce que tu vas passer plus de temps avec ton métier qu’avec ta femme!”»

Diplômé de l’École des beaux-arts de Québec, celui qui travaille aussi le verre et les émaux sur cuivre démontre qu’il est possible de vivre de son art. Mais à certaines conditions. «Ça demande énormément de travail. Ça prend une discipline de tous les jours. Sinon on n’est pas bon! À force de s’entraîner, on devient un peu meilleur, ça nous encourage à travailler. Et si on en vend et qu’on gagne un peu notre vie, c’est encore plus encourageant. On ne veut pas retourner sur le marché du travail!»

Aristide Gagnon n’est pas près de quitter son atelier-fonderie : à 85 ans, le créateur est toujours aussi passionné par son art. «C’est pire que jamais! Si j’avais encore l’énergie, je pourrais faire un tableau par jour. Mais je n’ai pas besoin de ça, parce que mon atelier est plein! On s’entraîne à produire quand on est jeune. Et l’entraînement, ça finit par faire partie de la vie.»

L’harmonie des sphères d’Aristide Gagnon

Exposition présentée à la Maison Hamel-Bruneau

Du 6 avril au 29 mai

2608, chemin Saint-Louis

418 641-6280

Site Web de l’artiste : aristidegagnon.com

Par Julie Bouchard

Photos: Isabelle Houde