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Le côté glauque de notre histoire

20 septembre 2017

À l’approche de l’Halloween, nous vous offrons un récit macabre venu du fond de notre histoire.

L’idée de la Nouvelle-France que l’école a imprimée dans notre mémoire en est une de vertueux coureurs des bois et de martyrs chrétiens en soutane. Entre les lignes de l’histoire se trouvent toutefois des personnages effrayants et fascinants qui hantent encore aujourd’hui les rues de la vieille ville de Québec. La famille Rattier, bourreaux de père en fils, est un exemple parfait de sombres figures que l’histoire officielle a préféré oublier.

Notre histoire débute tout près de Trois-Rivières, à l’Halloween 1676. Jean Rattier, un homme violent et sauvage, bat à mort Jeanne Couc, une jeune fille souffrant probablement d’un retard mental. Dans la mêlée, le père de la victime est également blessé.

Rattier est rapidement condamné à être pendu jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le seul problème est que le bourreau de la jeune colonie vient de décéder et que personne ne se rue au portillon pour le remplacer. L’emploi est offert à Rattier, forcé de choisir entre finir pendu et devenir le maître des hautes œuvres. Il décide de déménager à Québec et d’occuper la pire fonction au Canada.

Si notre histoire finissait bien, ce serait le moment où notre homme se repentirait et profiterait de cette seconde chance pour remettre sa vie en ordre. Or, il n’en est rien. Rattier passera le reste de ses jours à mener une existence dénuée de vertu et emportera sa famille dans sa chute.

Rattier à Québec

L’arrivée à Québec de cet homme étranger à la ville et, de surcroît, reconnu coupable d’un meurtre scabreux est loin de plaire aux honnêtes habitants.

Les bourgeois évitent Rattier comme la peste. Pour les citoyens, ce paria est le rappel quotidien qu’ils sont à un faux pas, à une soirée trop arrosée qui tourne au drame de se balancer au bout d’une corde sous les rires gras de l’homme de main du gouverneur.

Les habitants de Québec détestent le bourreau et le font bien savoir. Le harcèlement envers Rattier et sa famille est incessant. Des gens vont jusqu’à entrer chez lui pour insulter sa femme et ses filles. Il doit finalement demander l’intervention de l’intendant, qui publie un édit interdisant de harceler les Rattier sous peine de sévices corporels qui seront administrés, bien évidemment, par le principal intéressé.

Somme toute, la famille Rattier vit bien. Le patriarche est après tout un fonctionnaire payé par l’autorité coloniale. Sa maison de fonction sur la Grande Allée est spacieuse… et à mi-chemin entre la taverne et le bordel. En effet, Rattier et sa femme arrondissent les fins de mois en y accueillant l’ennui des soldats et d’autres âmes en peine. À toute heure du jour et de la nuit, la demeure grouille de personnes peu fréquentables. Tout cela à 200 mètres du couvent des Ursulines.

Pierre Couc, le père de la victime du bourreau, ne peut manquer de voir l’assassin de sa fille chaque fois qu’il met les pieds à Québec. L’homme qui a tué son enfant marche librement dans les rues de la ville. Une injustice qui fera sombrer le paternel dans la folie.

Ajouter l’insulte à l’injure

À l’été 1695, la femme de Jean Rattier, la chipie Marie Rivière, est reconnue coupable d’avoir volé des chaudières chez les veuves Gourdeau, Beaulieu et Pellerin Saint-Amant. Elle est condamnée à être battue à l’aide d’une verge. Les habitants de la ville salivent déjà à l’idée d’assister à l’événement. Imaginez la scène! Un homme forcé de battre son épouse en public pour un stupide larcin.

Afin d’épargner ce qui reste de l’honneur du bourreau, les autorités annulent les sévices corporels. Malgré tout, le 5 juillet 1695 à 8 h du matin, Jean Rattier est obligé de mettre sa propre femme au carcan sous les acclamations et les quolibets des bourgeois rassemblés à place Royale.

Une famille brisée

Par une chaude journée de 1698, la réputation des Rattier prend un dernier coup. Marguerite Rattier, fille du bourreau, décide de troquer le pain que sa mère l’avait envoyé chercher pour un flacon d’eau-de-vie. La bacchanale dure tout l’après-midi.

avec non pas un, mais bien trois soldats, qui l’honorent à plusieurs reprises dans la boue au pied des remparts de la ville. Voyant la scène se dérouler sous leur fenêtre, des habitants contactent la garde, qui trouve la fille à l’aube, toujours enivrée. Elle prend rapidement la direction de la prison.

Il va sans dire que l’épisode choque profondément les pieux bourgeois de la très catholique colonie. Mais comment s’attendre à mieux de la part d’une Rattier?

Le fils de Jean Rattier marchera dans les pas de son père, se voyant offrir le poste dans les mêmes circonstances que son paternel – afin d’éviter la potence. Seule Charlotte, l’autre fille de la famille, réussira à se marier avec un honnête homme, à sortir de la fange et même à presque faire oublier que son père portait le nom de Jean Rattier.

Il n’y a pas de rue Rattier à Québec, pas de plaque ni de place publique pour honorer l’horrible famille sans honneur. Ce qui reste d’elle est une histoire de souffrance, causée par cet homme qui a condamné sa famille à la même vie que lui  : celle de gibier de potence.

Les activités d’Halloween à Québec

Walking dead : La marche des morts

Où : Domaine Maizerets

Quand : 4 novembre

Combien : Gratuit

Quoi : Les boisés du Domaine Maizerets regorgeront de zombies.

La nuit des sorcières

Où : Aquarium du Québec

Quand : Du 7 au 28 octobre

Combien : 12 $/adulte, 11 $/aîné, 8 $/jeune de 3 à 17 ans et 32 $/famille (taxes en sus)

Quoi : Les sorcières envahissent l’Aquarium du Québec et offrent aux visiteurs une ambiance inquiétante et effrayante.

La mascarade de l’Halloween

Où : Dans la rue Racine          

Quand : 31 octobre

Combien : Gratuit

Quoi : L’endroit où vivre l’Halloween à Québec est assurément la rue Racine, qui s’anime en entier pour l’occasion.