Appartements disponibles

Projet au boisé Woodfield à Sillery Le promoteur gagne en cour

30 octobre 2014

Deux arbres centenaires du boisé Woodfield à Sillery, qu’espéraient sauver des citoyens et des groupes de pression, ont été abattus mercredi, à la suite d’une victoire du promoteur immobilier en Cour supérieure.

Le juge Marc St-Pierre a rejeté la requête des Jardins de Coulonge – des opposants au projet de condos – qui tentaient de faire invalider l’autorisation émise par l’ex-ministre péquiste de la Culture, Maka Kotto, en décembre 2013.

Le ministre de l’époque avait «parfaitement le droit» de prendre en considération un avis de la Commission de la capitale nationale (CCN) qui indiquait que le boisé Woodfield «ne présente aucun caractère distinctif ou exceptionnel». La décision du ministre «n’est pas sujette à révision», a tranché le magistrat.

Lors du passage du Journal en après-midi, moins de 24 heures après le dépôt du jugement, un travailleur s’affairait à l’abattage d’une quinzaine d’arbres de moyenne dimension avec une scie à chaîne. Il avait déjà complété le boulot avec un gros chêne centenaire, visiblement pourri de l’intérieur, et un immense érable, déjà étendu au sol.

Une poignée de voisins ont assisté à la scène, sans faire d’esclandre. «On s’attendait à avoir du trouble mais finalement, il n’y a rien eu», a commenté un travailleur embauché par Bilodeau Immobilier, qui mène le projet Woodfield. Ce boisé est «sans grande valeur», a-t-il ajouté. Une quarantaine d’arbres seront néanmoins déplacés et replantés.

Réaction du promoteur

Malgré la contestation citoyenne, les travaux sont donc officiellement lancés pour construire l’immeuble de cinq étages qui accueillera 63 condominiums de luxe. L’édifice sera voisin du cimetière St-Patrick sur la falaise de Sillery. La livraison des premières unités pourrait avoir lieu dès la fin 2015, a indiqué un porte-parole du promoteur.

«Nous accueillons avec beaucoup de joie la décision du juge, a commenté Richard Labrie. L’ordonnance de sauvegarde ne tient plus. Nous avons toutes les autorisations pour pouvoir procéder dans le dossier».

Aux yeux d’Héritage Québec, qui s’opposait au projet, il s’agit d’un «drame majeur» de perdre des sites comme celui-là, qui font partie intégrante d’un ensemble patrimonial.